HÔPITAL MONTAUBAN : TOUJOURS PLUS AVEC MOINS

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Le déficit des hôpitaux publics pour 2017 s’élève à 1,5 Milliard : il a été multiplié par 3 depuis 2016.

La Ministre de la Santé reconnait que la situation est grave. Elle a notamment déclaré : «  Il y a un enjeu pour moi de réformer le financement […] je pense qu’on ne peut pas baisser les effectifs des soignants… ».

Elle annonce une réforme du financement pour 2018. Une de plus !

Avec la tarification à l’activité les ministres précédents promettaient monts et merveilles aux hôpitaux s’ils augmentaient leur activité.

On voit le résultat :

L’activité a augmenté, les tarifs ont baissé, les déficits explosent.

L’austérité budgétaire se poursuit, les agents la payent au prix fort par la dégradation de leurs conditions de travail et de vie, par l’impossibilité de donner aux patients les soins qu’ils sont en droit d’attendre.

Une réforme est nécessaire, pour une fois la CGT est d’accord avec la Ministre, mais laquelle ?

C’est bien son gouvernement qui entend supprimer 120 000 fonctionnaires et qui somme les hôpitaux  publics de faire 1,6 Milliard d’économies (Plan de Financement 2018).

Il faut arrêter de faire croire à l’équilibre de la Sécurité Sociale alors que le déficit est reporté sur les établissements. C’est un plan d’urgence de sauvegarde des hôpitaux qui est nécessaire.

La CGT propose des solutions de financement à mettre en place immédiatement :

 

  • Suppression de la taxe sur les salaires (13,6 % du montant des salaires, que ne paient pas les cliniques et les entreprises privées) ; les salaires représentent 66 % du budget des établissements publics de santé. Cela permettrait de créer 75 000 emplois dans les hôpitaux publics.

 

  • Récupération de la TVA pour les investissements (comme pour les cliniques et toutes les entreprises privées), 20 % sur tous les investissements (taux de TVA). Cela permettrait une modernisation sans précédent des hôpitaux sans pour autant augmenter la dette de ceux-ci.

 

  • Possibilité d’emprunter à taux zéro auprès de la Caisse des Dépôts… plus de frais bancaires et d’intérêts à rembourser. Cette mesure redonnerait de l’indépendance financière aux établissements qui dépendent de plus en plus des banques.

Les suppressions d’emplois, les fermetures de lits et de services, les privatisations ne sont pas la solution. Il faut mettre fin aux charges indues que supportent les hôpitaux.

Chacun doit avoir accès aux soins partout sur le territoire, dans un service public de santé, sans sélection par l’argent et par le lieu de résidence.

…/…

La Ministre de la Santé dit vouloir arrêter les suppressions de postes de soignants, ce qui sous-entend que d’autres catégories peuvent continuer à faire les frais des restrictions budgétaires :techniques, administratifs…

Dans notre hôpital c’est ce qui est à l’ordre du jour : la privatisation des Cuisines, du Nettoyage serait la nouvelle source d’économies selon la direction.

Mais quand on sait que pour 2018 elle envisage d’économiser 80 000 € sur la restauration, 50 000  sur le nettoyage, on se demande quel impact cela pourrait avoir sur un déficit de l’ordre de 5 Millions d’euros !

Pour arriver à réduire les dépenses de personnel non médical de 0,60 % ; comme le prévoit la direction, il faudra qu’elle s’attaque aussi aux autres services, ce sont bien encore des suppressions de postes et de remplacements qui se profilent. (Rappelons qu’elle compte économiser 400 000€ en diminuant l’absentéisme…ou plutôt les moyens de remplacement).

Les agents des différents services en sont bien conscients, ils ont participé nombreux et solidaires à l’invitation des organisations syndicales, aux rassemblements organisés en décembre à l’occasion du Conseil de Surveillance, du CTE.

Ils refusent les privatisations et le risque d’extension à d’autres services, et ils ont exprimé leur colère face aux conditions dans lesquelles ils travaillent.

Pour la CGT, la riposte du plus grand nombre est plus que jamais nécessaire face à une direction qui est sourde aux revendications des agents : effectifs indispensables, titularisations, primes des AS contractuels…

Partout dans le pays la politique de restrictions budgétaires a conduit à la dégradation du service public de santé, à des difficultés de plus en plus grandes d’accès aux soins pour la population.

Mais les luttes se développent, dans de nombreux établissements : ex : Au CHU de Toulouse, après 16 jours de grève des agents de Pédo-Psychiatrie ont obtenu gain de cause sur leurs revendications.

La mobilisation et la détermination ont payé.

La CGT mettra tout en œuvre pour prolonger l’action, pour que l’exigence de soins de qualité et de bonnes conditions de travail soit portée, y compris devant l’ARS.

Il est de coutume au mois de janvier de se souhaiter une bonne année, pour les hospitaliers elle serait synonyme d’une bonne santé grâce à des conditions de travail humaines et une prise en charge des patients en toute sécurité et dans la dignité.

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