Caussade. Retour sur l’histoire de l’union locale de la CGT

À l’occasion du cinquantenaire de l’union locale de la CGT, Jean Saltarel a tenu une conférence sur l’histoire du syndicat dans le Caussadais. Extraits!

Des ouvriers qui s’organisent

Dès 1905, un syndicat CGT se crée à Caussade ; l’année précédente, une Bourse du travail avait été fondée à Montauban, et on peut considérer que les chapeliers de Caussade sont parmi les premières professions du département à s’organiser. Alfred Durou en sera le secrétaire pendant une vingtaine d’années et Jean Viguié le trésorier.

La grève de 1919

Au retour de la guerre, les ouvriers retrouvent leurs usines où ils avaient été remplacés par les femmes. Les patrons les reprennent avec des salaires journaliers de 4 francs, alors que les femmes touchent entre 6 et 7 francs. Devant le refus des patrons de les augmenter et d’accorder la journée de 8 heures, la grève est lancée au mois de mai ; hommes et femmes quittent les usines. Le 17 mai 1919, ils créent la chambre syndicale des ouvriers et ouvrières de Caussade et Septfonds.

À cette époque, il y avait, en France, 12 000 ouvriers dans la chapellerie, dont 5 000 étaient syndiqués, avec une fédération de la chapellerie très puissante. Son secrétaire national, Pierre Milan viendra souvent en Tarn-et-Garonne ; il sera même présent à la création de l’UD à Montauban, en 1920. Les patrons de Caussade et Septfonds se syndiquent eux aussi et le conflit se durcit. C’est Pierre Milan qui vient négocier, le maire et le préfet entreprennent des médiations. Les ouvriers de Septfonds sont les plus virulents et entraînés par deux meneuses, ils tentent de descendre à Caussade, drapeau rouge en tête. Les gendarmes de Caussade, aidés de ceux de Montauban, parviennent à les stopper en route. Au bout de deux mois et demi, un accord est enfin conclu, prévoyant la journée de 8 heures et la révision des tarifs.

La grève de 1920

À la fin de l’année 1920, les ouvriers réclament une augmentation de 25 % ; refus des patrons. La grève éclate, mais les patrons font effectuer le travail par des ouvrières à domicile de Réalville ; des ouvriers rendent leur carte syndicale et reprennent le travail. À Septfonds, un patron préfère fermer l’usine plutôt que de céder aux revendications ; les salariés descendent à Caussade pour les entraîner dans la grève : c’est l’échec. À l’usine Rey, le syndicat appelle à la grève, mais c’est aussi l’échec ; le patron profite de la baisse de l’activité pour renvoyer les meneurs qui trouvent du travail sur la voie ferrée et qui viennent invectiver ceux qui sont restés à l’ombre des usines. »

La Dépêche du midi
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